L’Afro : tout un symbole

L’Afro c’est une coiffure celle d’un cheveu compact ou étiré formant un rond au dessus de nos têtes, on pourrait le voir comme un halo tant sa portée est symbolique.

De plus, quand on parle de l’afro on l’emploi souvent comme synonyme du cheveu crépu, un cheveu unique par sa texture qui caractérise le cheveu des hommes et des femmes noirs. Longtemps décrié, la coiffure et le cheveu Afro ont traversé le temps comme symbole de résistance, de lutte et culturel.

Aux sources

De nombreuses coiffures que nous arborons aujourd’hui trouvent leurs racines en Afrique. A l’origine, ces coiffures tiennent une place spéciale et emblématique dans les sociétés africaines. Au-delà de leur beauté esthétique, les différents styles de coiffure expriment une marque identitaire, à savoir :  l’appartenance au clan, à l’ethnie, l’âge ou encore le statut social.

Durant la période esclavagiste 

Les africains mis en esclavage ont souffert de la perte totale de leur identité et de leurs repères culturels. Ces Hommes étaient considérés comme des commodités. Dans cette logique de déshumanisation, les esclavagistes privaient les africains déportés de toutes choses liées à leurs sources - soit l’Afrique - à commencer par leur chevelure. Par exemple, une fois les esclaves capturés, les maitres d’esclaves procédaient alors au rasage de leurs cheveux. Ce processus eut pour but de les casser davantage pour mieux les contrôler.

La loi Tignon, une répression législative pour les femmes noires 

Les femmes noires ont longtemps été sujettes aux discriminations concernant leur apparence physique, particulièrement pour leurs cheveux.

Si la Nouvelle-Orléans de 1700 est en proie à un multiculturalisme entre la population créole, les personnes afro-descendantes et les colons de France et d’Espagne, on ne peut pas parler d’égalité.

Les femmes blanches vont rapidement manifester leur agacement quant à cette population noire qui a davantage de liberté. Les femmes noires seront leur cible principale, elles soupçonnaient ces dernières de vouloir séduire leur mari afin de les éloigner loin d’elles. C’est ainsi qu’elles iront apporter leurs plaintes au gouverneur Esteban Rodriguez Miro qui en promulgua une loi en 1786.

Cette loi obligea les femmes noires de la Nouvelle-Orléans à porter un tignon, une sorte de tissu ayant pour but de cacher complètement les cheveux.

Œuvre d'Agostino Brunias (1730-1796) issue d'une série sur la Dominique

Cette loi avait deux objectifs principaux :

  1. Empêcher d'attirer l'attention des hommes blancs sur les femmes noires.
  2. Servir de marqueur social pour distinguer les femmes noires claires de peaux des femmes blanches européennes souvent confondues.

Les femmes réussiront à détourner cet accessoire de domination en un accessoire de beauté les sublimant, on parle du maré tèt aux Antilles, l’art de la "tête attachée".

L’afro, symbole de lutte 

A travers le temps et les oppressions subies, l’Homme Noir a toujours été impliqué dans un effort de résistance.

Durant la période esclavagiste 

Les femmes africaines dissimulaient des grains de riz à l’intérieur de leur tresses afin de survivre aux conditions déplorables de la longue traversée. Par la suite, les tresses seront utilisées comme itinéraire de fuite durant les périodes de marronnage qui se définissent par la fuite d’un esclave de la propriété de son maître afin de se réfugier dans les montagnes.

Durant la période post-esclavagiste

Après de multiples révoltes, les esclaves ont pu obtenir leur liberté et être enfin considérés comme citoyen à part entière. Toutefois, les personnes noires ne disposaient toujours pas des mêmes droits que les personnes blanches. Ce qui a ouvert la voie à des périodes de luttes telles que le Civil Rights Movement (le Mouvement des Droits Civiques) aux États-Unis de 1954 à 1968.

Le pays étant marqué par une forte ségrégation raciale, de nombreuses militants comme Martin Luther King ou encore Rosa Park vont militer pour obtenir l’égalité pour tous les groupes ethniques. Durant cette période historique, des groupes pro-noir comme le Black Panther Party vont émerger. Ces groupes antiracistes vont alors renouer avec leur racines africaines qui avaient été effacées, c’est là que l’Afro est adopté comme LE symbole de lutte contre l’oppression de la population dominante et de fierté.

Membres du Black Panther Party avec la célèbre militante Kathleen Cleaver à gauche (1945-)
 

La coiffure de l’Afro sera adoptée dans les mouvements sociaux dédiés à la cause noire dans le monde entier à l’instar du Mouvement de Conscience Noire en Afrique du Sud.

L’Afro dans la culture

Michael Jackson, Aretha Franklin ou encore Billy Preston, tous ont été séduis par cette coiffure tendance. Mais au-delà de l’univers de la musique, l’Afro prend de plus en plus sa place dans le monde du cinéma et quoi de mieux que le courant culturel et social Blaxploitation Movies pour illustrer ceci.

Les héroïnes, telles que la célèbre Pam Grier, sont des noirs américains qui portent fièrement leur Afro, cela a représenté un grand bon en avant dans le cinéma américain où les diktats de beauté sont plus que présents et quand on sait que ce media a été utilisé comme appareil de propagande pour véhiculer des stéréotypes sur les Hommes Noirs.

Alors, qu’attendez-vous pour free the fro’ ( ndlr : "libérez votre afro") ?

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